lundi 31 août 2009

Pélicans, lions de mer et des cactus en fleur

Un peu au dessus de notre maison, environ dans la moitié du Cerro San Cristobal, il y a un ZOO. Il m'est jamais arrivé en esprit d'y aller, mais là, je me dis que peut être, ça vaudrait le coup. Ce weekend, on l'a passé sur la côte du Pacifique et on a vu tellement des animaux exotiques que je me demande, qu'est ce qu'il peuvent bien montrer ici au ZOO. Des lapins et des biches? Il y en n'a pas ici. A la place de lapins, il y a des vizcacha et a la place de biches, des lamas. Mais je suis sûre que c'est encore les pauvres lions, éléphants et compagnie qui assurent les dimanches exotique des enfants de Santiago.

Notre plan initial pour ce weekend, c'étaient encore des skis de rando. Mais je commence à croire que cette année, en faire, ça ne sera pas dans notre destin. Depuis une semaine, la météo pour le weekend répétait qu'il ferait mauvais. Nuages, brouillard, froid. Et comme faire de skis de rando au Chili, ça veut dire camper au moins une nuit dans la neige, je refuse d'y aller s'il ne fait pas beau. Petite, j'ai trop écouté le pièce de théâtre de Cimrman qui parle du voyage au pôle nord et où l'expédition, qui a compté la bouffe pour y arriver et puis l'a oublié multiplier par deux, décongelé un expéditeur précédente retrouvé par hasard, dans la seule intention de le manger. Et moi, je veux être sûre d'être décongelé par le soleil, pas par une bande d'explorateurs affamés.

Du coup, on a décidé de faire l'ascension du Cerro Morado le weekend prochain. Samedi matin, on s'est réveillés et j'ai pris peur. Qu'est ce que je verrai de la fenêtre une fois que j'ouvre les rideaux black out, les rideaux plastiques, pas très beaux, mais la seule alternative chilienne des volets? J'ai eu peur, car je savais qu'il ferait grand beau. Et oui, c'était le cas! Vite, il fallait chercher un autre plan. J'ai voulu aller me balader dans la montagne, mais le Cosmonaute a insisté d'aller à la mer. Apparemment, il avait besoin de voir la mer. ça doit arriver de temps en temps au gens qui ne sont pas nés dans un pays sans mer et en plus entouré par des barbelés. On a donc jeté un coup d'œil sur la carte et on a vu que au sud de Valparaiso, il n'y a pas de ville, pas de routes. Rien. Des lions, comme on disait jadis. On était donc sur qu'il y a soit une grosse décharge de poubelle de la deuxième ville du Chili, ou la nature pure. Sur google earth, nous n'avons pas vu la décharge et en plus, le Cosmonaute a remarqué une petite île appelée Isla de los Lobos. Je vous l'avais dit. Des lions. Des lions de la mer.

Comme le Cosmonaute a mal au jambes quand il conduit, c'était moi qui a encore pris le volant. J'ai pensé que samedi, il n'y aura pas trop de trafic, mais ce n'était pas vraiment le cas et il fallait encore s'incruster dans des voies pleins de voitures. Mais heureusement, vendredi, j'allais en voiture avec Karen, une copine chilienne, qui m'a dit que pour se faufiler entre les voitures, le meilleur, c'est regarder le conducteur d'autre voiture et faire un regard triste. Bah oui, bien sur que le Marseillais, il m'a pas raconté ça, il m'a dit qu'il faut accélérer et s'incruster comme on peut. Je n'étais juste pas sure si ce façon de faire n'est pas efficace que du mignon petit pot de yaourt bleu de Karen. Mais apparemment ça marche même des sales vitres du grand, vieux Pathfinder de couleur kaki et plein de boue. Donc je me suis faufilée là où il fallait et puis j'ai pris l'autoroute. Comme d'hab, je me suis trouvé un bus pour se mettre derrière, histoire de ne pas se faire klaxonner pour la basse vitesse. Le seul problème, c'était que je n'arrivait pas à trouver le bouton pour fermer la fenêtre et j'avais des cheveux partout. Je l'ai trouvé quelque part près de péage et j'ai ainsi pu faire une petite performance en essayant fermer la fenêtre en même temps que payer pendant laquelle j'ai coincé mon bras payant dans la fenêtre. Puis j'ai donné quelque coups de volant chaotiques dans le tunnel, car j'étais persuadée que j'avais oublié de mettre des fars et puis en essayant de les mettre ce n'était que pire. Bah oui, vu à travers de mes lunettes de soleil. Bah oui, si je ne me colorais pas les cheveux, je serais blonde. Mais non, on dis pas qu'on apprend de nos fautes? Vous savez comment c'est difficile de commencer à conduire après trente ans? Je vous assure, c'est presque aussi dure qu'apprendre une langue après la cinquantaine!

Je deteste les autoroutes. Ils me font peur. Je trouve qu'il est contre la nature de bouger à la vitesse de 150 km/h avec un foule de gens dont chacun est enfermé dans son morceau de métal. Mais courageusement, j'ai avancé quand même à 100km/h, même si je tremblais un peu. Quand on arrivait presque à Valparaiso, le Cosmonaute m'a demandé, combien d'essence j'avais. J'ai osé courageusement quitter de regard le derrière du bus devant et j'ai vu que tout simplement, je n'ai pas d'essence. Le bras de contrôle d'essence, assoiffé, était mollement allongé et la petite lumière allumée sans arrêt. Et ça, c'était trop pour moi. J'ai regardé partout, mais pas de station service en vue. Puis on est descendus d'autoroute pour en trouver une. Et elle y étais. Fermée! L'idée que je dois rentrer sur l'autoroute avec le réservoir vide m'étais insupportable et j'ai dis, lâchement, au Comsonaute qu'il prenne le volant, lui. Il m'a dit qu'il a aucune idée pourquoi je m'affole comme ça et que c'est n'importe quoi. Moi, j'ai dit que au contraire, je méritais un compliment pour mon courage de conduire 70km sur l'autoroute dans une attaque du panique. Et là, on commençait en discuter, puis on a trouvé une station service, on discutait encore et après, heureusement, on est arrivés sur la côte, si belle que ça nous a laissé muette.

Au début, on voulait aller au far, mais comme la route s'arrêtait avec le dernier village et sur la piste qu'on a pris, il n'y avait pas des panneaux, on est arrivés vers un espèce de camping. Environ cents mètre au dessous de nos pieds, l'océan bouillonnait. Sur les rochers en bas, il y avait des algues, et puis sur les pentes, là, où la vie pourrait agripper, il y poussait des cactus et d'autres plantes grasses. Les cactus était en fleur. On s'est assis et on a sorti notre pique nique. Quand on était en train de finir les empanadas de pino achetées sur le chemin, j'ai entendu un truc patouiller. Il y avait un pélican qui venait de se poser sur l'eau en bas. Oui, le vrai pélican avec le sac sur le bec. De temps en temps, je ne sais pas pourquoi, il s'est mis à tournoyer l'eau avec des ailes et ça faisait ce bruit bizarre. J'ai voulu rester un peu pour l'observer, mais le Cosmonaute m'a dit qu'on en verrait encore des tonnes, des pélicans, et qu'on irait chercher des lions de mer et La Isla de los Lobos. Et comme les lois de nature le veulent, ça est resté donc le seul pélican qu'on a vu.

Mais on a vu des tonnes de lions de mer. Près de far, en se promenant, on a aperçu que les pentes de l'île devant sont pleins des sacs de patates marrons. Mais qui s'embêterait à mettre des sacs de patates sur un île! Donc ça doit bien être des lions de mer! On s'est approché le plus possible sur un rocher et on a commencé à observer. Malheureusement, on a oublié la jumelle, mais on n'était pas non plus très loin. Les lions de mer semblait se reposer tranquillement dans les rayons du soleil, mais au bout de quelque temps, on a compris que le tranquillement, c'est à peu près aussi tranquille que le métro dans l'heure de point. Car il y a beaucoup de lions de mer. Puis ceux qui arrivent premiers ne s'embêtent pas à monter plus haut que juste là où les vagues n'arrivent plus. Ceux, qui arrivent après, n'ont donc pas de place pour se poser ni pour passer plus haut. Du coup, ils passent au dessous de ceux qui sont déjà posés. Et il ne faut pas être un lion de mer pour comprendre que un sac de patates mouillé, un sac de trois cents kilos, qui passe sur votre tête, ce n'est pas de ce qui est le plus agréable. Quand un nouveau arrivant fait son chemin sur les corps des autres, ça ne se passe donc pas sans gueuler et quelques morsures, sans doutes. De temps en temps, un grand lion se lève et essaie de mettre tout en ordre en gueulant très fort. Mais c'est un lion chilien et mettre en ordre, ce n'est pas donné même aux gens ici, donc ne vous étonnez pas que la sieste des lions de mer, ce n'est que du bruit et mouvement dans tout les sens.

Une fois qu'on a regardé assez longtemps le chaos lionien, le Cosmonaute m'a montré des cormorans et des condors de mer. Attention, ne confondez pas des condors des Andes avec les condors de mer! Alors que le condor de montagne est le deuxième oiseau le plus grand, le condor de mer est un espèce de grand poule noire. Regardez.
Pour voir le coucher du soleil, on est allés vers un plage. Pour le Pacifique, l'océan était très tranquille, mais moi, je n'ai jamais vu des vagues pareilles. Et en goutant si l'océan est vraiment salé, je me suis pris une vague jusqu'au genoux.

Après le coucher du soleil, nous sommes rentrés à Santiago. Le soir, on a margé avec des potes à Liguria décidés de se réveiller le matin pour aller faire des skis de piste. Mais bien sur, le matin, c'était un peu dur. Finalement, nous sommes arrivés à La Parva et on a vu que l'hiver cède sa place vite à l'été. Là où on a eu du mal de passer la semaine dernière, on a retrouvé un centre des skis avec des collines chauves. Pourtant, on a pu se faire plaisir dans la neige transformée, mais vu que la température à Santiago est au moins de 20 dégrées la journée, je pense que je peux dire que l'été européenne est déjà assis dans l'avion avec la destination sud...

P.S. L'ensemble des photos est là.

mardi 25 août 2009

Le Cosmonaute à Santiago

Finalement, le Cosmonaute est de retour à Santiago et il restera tout un mois. C'est le plus longtemps depuis qu'on est arrivés ici. Il y a de quoi se réjouir, même si ça veut dire que je finirai le livre de Jodorowsky que je suis en train de lire peut être qu'en octobre et qu'on exigera de moi d'autres performances sportives.

Comme je vous ai déjà dit, il pleuvait beaucoup à Santiago ce dernier temps, et ça voulait dire qu'il neige dans la montagne. On a suivi de près le météo pour savoir quand est-ce que le temps s'améliorera. Jeudi! D'habitude, je fais mon bénévolat jeudi, mais cette semaine, le groupe était prévu pour mercredi. D'ailleurs, pour la première fois, je me suis retrouvée seule avec ce groupe toute seule, sans Andrés ou Isis. J'ai pas trop dormi la veille en pensant comment je vais faire si le monsieur du sud, qui parle bouche fermée, viendra. Mais finalement, ça s'est bien passé. Et le jour de ski a été bien mérité.

Mercredi soir, Karen, Antoine et Loula sont venus manger. Loula a décidé de se joindre à nous pour la journée de ski et le Cosmonaute l'a proposé de venir la chercher chez elle. Elle n'habite que quelques centaines mètres de chez nous et en tout cas, on a dit qu'on passerait prendre Vincent dans la maison Chez trois Pedro qui se trouve sur le chemin chez Loula. Personnellement, je me suis dit que le Cosmonaute, c'est la gentillesse réincarné vu qu'il a envie d'aller chercher les amis dans le trafic du matin à la place de les demander venir chez nous. Ce n'était que une fois qu'on était bloqués dans les bouchons monstrueux que je me suis rendue compte, que ce n'est pas la gentillesse du Cosmonaute, mais le fait que pendant tout ces séjours au Télescope, il a complètement oublié que les bouchons existent. Mais petit à petit, on est arrivés chez Vincent et puis on est allés chercher Loula. Il fallait sortir de sa rue et prendre Avenida Salvador au sud. Sur le croisement, on a vu les flèches digitales en face qui annonçaient que l'avenue va dans les deux sens. A côté de ces flèches, il y avait deux panneaux qui disaient que l'avenue va uniquement au nord le matin et uniquement au sud le soir. Croyant plutôt en digital que en analogue, nous avons tourné vers le sud et on s'est retrouvé face aux six voies de voitures qui fonçaient dans notre sens. Heureusement, le Cosmonaute est rapide et il a vite tourné vers le nord et on est donc toujours vivants. Après vingt minutes de la route de chez Vincent vers Loula, c'est à dire sur un trajet qui à pied prend quinze minutes de la marche de mamie, on a trouvé la rue de Loula, mais par contre, on ne pouvait pas la prendre, car elle roulait dans l'autre sens. Faire un tour de bloque voulait dire passer au moins dix minutes dans le trafic. On a arrêté Pathfinder sur un trottoir et j'ai appelé à Loula pour qu'elle vient. Elle a du marcher trois bloques. Presque aussi loin que chez Vincent.

A quatre, nous sommes donc partis à Valle Nevado. Mais attention! Déjà à la sortie de Santiago, la route était bloquée par les voitures, car les policiers ont contrôlé si tout le monde a des chaînes dans la coffre de sa voiture. Après avoir passé une heure dans le bouchon, ça commençait à rouler un peu, mais sur la route avec les 40 chicanes vers Farellones, ça bouchait à nouveau. C'était un peu dû au trafic, mais aussi au fait que dans les moments les plus imprévisible, les conducteurs chiliens ont reçu l'idée lumineuse: "Ah, vu que je suis arrêté en tout cas, je pourrais mettre des chaînes!" Peu importe que la route était sèche. Au bords, il y avait des gars en uniformes qui proposaient l'aide avec les chaînes ce qui a juste enchaîné la panique. Parfois, un des conducteurs a peté un plomb et il a décidé de faire un demi tour pour rentrer à Santiago, se fichant complètement du fait que le matin, il est interdit de descendre, car la route est très étroite. Les panneaux affichant les heures de descente étaient aussi respectés que les panneaux "Señor Motorista, mets toi de côté quand tu mets tes chaînes pour ne pas bloquer la circulation". Eviter les voitures descendantes dans les chicanes a encore ralenti le trafic, bien sur, mais les Chiliens sont pas trop zen, donc ils ne croient pas que juste en patientant, on peut améliorer la situation. Après deux heures et demi, on est finalement arrivés à Farellones. Loula a loué un snowboard et Vince des chaussures, une masque et aussi des gants. Vous pouvez tout louer, mais après un coup d'œil sur les combinaisons de ski lavés peut être quelques années auparavant, Vince a opté pour le pantalon déchiré du Cosmonaute. Et il a acheté des chaussettes. C'est l'unique chose dont vous ne pouvez pas louer.

Et c'était parti pour Valle Nevado, ce qui prends, normalement, 15 minutes de Farellones. Mais les conducteurs qui ont décidé de rentrer, les conducteurs qui mettait des chaînes et une ambulance (vide) en contre sens se sont occupés de ce que le sport se mériterait. On y a passé une heure. Et puis, après quatre heures et demi de la route à la place d'une heure habituelle, on y était. Sur la piste!

Comme on a skié que trois heures, le Cosmonaute a décidé de revenir le vendredi. La météo annonçait du mauvais temps et elle ne s'est pas plantée. Mais l'enthousiasme du Cosmonaute l'a fait dire, quand on s'est gelés dans le vent sur la télésiège, que lui, il a pensé que ça serait bien pire, car il n'y a pas de brouillard. ça s'appelle optimisme, ça.

Samedi, c'était le jour de mon anniversaire. Et comme il faisait toujours mauvais, on est restés à Santiago. L'après midi, nous sommes allés voir le Musée de l'art précolombien, ce qui devait être un des meilleurs musées du Chili. Vous y trouvez des objets historiques de l'Amérique Centrale et l'Amérique du Sud. Il est vraiment bien fait. Puis, comme après chaque culture, il faut manger, nous sommes allés au Mercado Central dans un petit resto, pour manger des fruits de mer, on s'est promenés et on a acheté des avocats (sans fibres "pura crema"), papayes, oranges (sans noyaux, sin pepas) et oignon (qui ne te fait pas pleurer "no llores"). J'ai fait un paella pour diner et on l'a arrosé avec une bouteille de champagne dont on a amené de la France. A deux, car si vous êtes la femme du marin, vous savez, que c'est la meilleure manière de fêter.

Puis dimanche, on a eu de nouveau envie de sortir de la ville. Le temps était bien, mais aller faire du ski de rando pour un jour de Santiago, c'est un peu compliqué. On a donc décidé d'aller voir la Reserva La Campana qui se trouve entre Valparaiso et Santiago. Son sommet le plus haut, el Roble, n'a que 2222mètre et ça fait de la Campana ce qui est l'arrière pays aux Alpes, mais au moins, on était surs de ne pas se noyer dans la neige. On a voulu monter le Cerro Campana qui est un peu plus bas que El Roble (1910m), mais il n'y a pas de route qui va sur son sommet et il n'y a pas d'observatoire. On a pris la Ruta 5 et on a descendu à Tiltilal. La route passait à travers des champs et des plantations des amandiers en fleur, des oliviers et des cactus qui produisent un fruit appelé tuna. Cette partie de la vallée est bien plus humide que Santiago et c'est donc d'ici d'où viennent des légumes et des fruits dont on achète à Santiago aux marchés. On s'est arrêtés sur la place principale de Tiltil, car on avait besoin de prendre de l'argent, et à notre grande surprise, on a vraiment trouvé un distributeur. Sinon, Tiltil, c'est des Rokycany, ma ville natale, chilien. Le touriste y pointe jamais son nez et même si les gens, qui considèrent leur village d'être trop grande pour se saluer automatiquement comme des villageois, savent bien who is who. Près, on a passé par une rivière (à quoi bon de construire un pont s'il n'y a pas de l'eau que quelques mois dans l'année...) et on est arrivés à Olmué où se trouve l'entrée dans la réservation. Comme d'habitude, il fallait payer l'entrée, et dire où on se dirige. Juste à côté du guichet, il y avait une inscription qui annonçait qu'il était interdit de monter le Cerro Campana dans les mois de juillet et août. J'ai dis au monsieur au guichet qu'on aimerait bien monter en véhicule jusqu'à la mine (La Mina) et continuer à pied jusqu'au sommet de la Campana. Le monsieur m'a dit que c'était interdit de monter le sommet. J'ai demandé pourquoi. Trop d'accidents dans les mois d'hiver. On n'avait même pas besoin de se donner un coup d'œil avec le Cosmonaute. On savait qu'on tenterait. Et je pense que le monsieur le savait aussi. Il nous a donné des clés pour pouvoir ouvrir le chemin pour la voiture et on lui a promis qu'on ne marcherait là haut, qu'on va juste glander autour de la voiture. Le Cosmonaute a remarqué qu'on était tous les deux bien habillés pour se cacher dans la nature, moi, avec ma polaire bleu claire et lui bleu direct. Pour une fois, je me disait qu'il se prenait plus la tête qui moi. Vous pouvez vous dire, un Latino, il ne respectera rien, mais par exemple, contrairement aux autres pays d'Amérique du Sud, n'essayez jamais acheter un policier, sinon, vous allez finir au prison. Les policiers sont très respectés ici et essayer de leur donner des sous, c'est un grand délit. En réfléchissant si les Chiliens ont plutôt la tendance de respecter ce type d'interdictions ou plutôt pas, on a commencé à monter. Et là, on a vu des traces dans la boue qui, sans doutes, ne dataient pas de l'automne dernier. Et un peu plus loin, on a eu une réponse très claire. En face de nous, trois Chiliens sont apparus. Avec des casques et une corde, pas seulement, qu'ils étaient sur un sentier interdit, mais en plus ils sont montés par une crète et passé par l'accueil bien avant l'arrivé du gardien. Ils nous ont dit qu'il y a d'autres personnes au sommet, ce qu'on a pu vérifier un peu plus tard. Le vue de sommet était magnifique. On a vu la vallée de Santiago dans la brume, la baie de Valparaiso, le sommet du Plomo et des stations de ski, et même l'Aconcagua couverte par des nuages. La montée n'était ni difficile, ni dangereuse, plutôt un petit entraînement genre Manquehue, mais la récompense était incroyable. Dommage que je ne peux pas vraiment la partager avec vous. C'était sans doutes un des renard mendiants qui a du ensorcelé notre appareil photo, car on ne lui a rien donné à manger. Toutes les photos de la journée ensoleillée sont grises.

Et c'est tout pour le moment. Le temps de se remettre au travail...

vendredi 7 août 2009

Longue weekend dans le Cajon de Maipo où Comment perdre son estime de soi en deux jours

Vendredi soir, le Cosmonaute est rentré du Téléscope. Il avait devant lui, selon le planning, cinq jours entières avant qu'il ne soit pas renvoyé au nord. On a donc décidé de passer un longue fin de semaine à Cajon de Maipo. Mathilde m'a conseillé de réserver le logement dans le Refugio Lo Valdés. Samedi, on a glandé à Santiago aussi pour dire au revoir à JB et Mathilde qui sont partis pour trois mois de voyage dans l'Amérique du Sud avec leur camping car et deux enfants de deux ans et l'autre de six mois. Samedi soir, on est sortis avec des collègues du Cosmonaute. Après avoir mangé à Azul Profundo et ensuite, nous sommes allés à La Casa en el Aire pour voir un concert. J'écris tout ça surtout pour vous dire que les trois endroits (refuge, resto et le bar) sont des endroits très agréables, si jamais vous cherchez des bonnes adresses à Santiago.

Dimanche, après avoir bien dormi, nous sommes partis dans le Cajon de Maipo. Dans la voiture, on y a mis nos skis de randos, nos ARVAs (encore pour rien, le risque d'avalanche était pareil comme à Marseille en plein hiver) et Les Colons de Catane, un jeu dont on est complètement accro. Dimanche après midi, la route vers le Cajon de Maipo était plein de voitures qui rentraient à Santiago. On s'est demandé qu'est qu'il se passe dans le Cajon. Est-il possible que cette petite fête locale dans San José a attiré autant de gens? Mais non, mon cher lecteur, pas la fête! La neige! Quand on a vu le premier bonhomme de neige assis sur le toit d'une voiture, on a trouvé ça drôle. Mais il y avaient d'autres bonshommes de neige sur les toits et même sur les pare-brises, attachés par une écharpe sur les essuie-glaces. On a commencé à plutôt avoir peur que toute la neige déménage à Santiago avec les gens. Mais heureusement, une fois arrivés, on a vu qu'il y a des restes encore. Et sur les restes, il y avaient des générations des chiliens sur des luges et les mères de famille cuisinait sur les tables de camping, devant la voiture tesitos, des petits thés, comme on dit ici, pour chauffer les enfants, les papas et les papis qui s'éclataient sur une petite pente à côté du parking. Cette joie et ces bonshommes de neige, ça fait bien la concurrence à l'idée dont, enfants, on avait, c'est à dire mettre des petits bonshommes de neige dans le petit congélateur de ma mère pour pouvoir en profiter aussi l'été. D'ailleurs, le Cosmonaute m'a dit qu'à Hawaï, où il observe parfois, les gens aiment remplir leur voiture de neige dans la montagne pour descendre vite à la plage et y construire...un bonhomme de neige, bien sûr!

On est arrivés à Refugio et on y était seuls. On s'y attendait un peu. Les Chiliens n'ont que très peu de vacances et en plus, le Refugio est assez cher pour un Chilien moyen.

Lundi, on s'est levés tôt pour être à l'heure de l'ouverture à la porte del Monumento Natural el Morado. El Monumento est une réserve autour de Quebrada Morales, un vallée qui culmine par Cerro Morado (4020m). Les réserves natureles au Chili, c'est simple, on choisi une vallée, on bloque accès, on fait une porte et on y met un gars qui fait payer les gens. L'argent acquis paie le gars et d'autre choses comme l'entretien du clôture et je ne sais pas quoi d'autre, mais il n'est sûrement pas utilisé pour protéger la nature, marquer des sentiers ou empêcher des gens à jeter la poubelle partout. En plus, les portes de la réserve s'ouvrent à une heure qui paraît logique aux Chiliens, c'est à dire, dans ce cas, à 8:30, ce qui ne paraît pas très logique à une personne qui a fait déjà les skis de rando dans sa vie. Car cette personne sait qu'il faut partir bien plus tôt pour monter tranquillement quand il ne fait pas trop chaud et pour avoir suffisamment du temps.

Mais cette fois, l'ouverture tardive de la réserve n'était pas vraiment un problème. Car j'ai déjà mal dormi la nuit et quand on a commencé à monter avec le but de faire 1600 mètres de dénivelé pour faire une colline de 3400m, j'ai commencé aussi à souffrir. Mais bon, moi, je souffre à chaque fois. Je suis une handicapé de tout les sports et je me rappelle encore bien comment, quand pendant les cours de sports, les gens ont pu choisir des collègues dans leur équipe pour jouer au volley ou pareil, je suis resté, avec Stolcova, toujours le dernière à être appelée. Stolcova, elle était encore plus petite que moi, elle mangeait de la colle et une fois, elle s'est attaché à notre vestiaire en faisant des nœuds bien serrés sur des cordelettes de sa veste et elle ne savait pas se détacher. Je suis habituée donc que les premiers vingt minutes, c'est toujours l'enfer. Mais là, même après, c'était dur, mais je me disais que ça irait. Quand on marchait depuis presque une heure, je commençait à réfléchir si cette douleur dans la torse, est-elle dû à la pollution de Santiago, à une grippe porcine ou à un arrêt cardiaque. J'avais un peu besoin de me moucher, mais c'est plutôt normale en hiver, donc je ne disais que c'est sans doutes l'arrêt cardiaque. Puis j'ai essayé de me persuader que je suis fatiguée par le fait que le chemin ne monte pas vraiment, mais que c'est plutôt plat. Au bout d'une heure et demie, je me suis dite qu'il fallait surtout occuper l'organe qui est en train de me donner les nouvelles sur ma souffrance, c'est à dire le cerveau. Je me suis souvenue d'un chanson de Nohavica, un chanteur tchèque, qui a fait un chanson sur "Le tournoi de la paix", un équivalent de la Tour de France dans la période communiste. Le chanson dit: "Si ça va, ça va, et si ça ne va pas, il faut avancer, et ça cédera". Sauf que dans mon cas, c'était plutôt une version flamenco "Eeeeeeee, siiiiiiiiiii, çaaaaaaaa...". Le Cosmonaute avançait bien devant (Nohavica chante dans son chanson: "Eh, regarde, devant, il y a un taré, il s'est dit, là, j'échappe, c'est son problème...), il cherchait le chemin sur les restes de la neige et il me demandait si ça va. Finalement, il a réussi à me tiré 800 mètres de dénivelé, tout ça pour me dire que je suis un "Caca molle", un truc vert, pâteux et mou, et il m'a donné quelques bons conseils comment s'entraîner mieux. Il ne fallait que descendre, je dirait heureusement, si ce n'était pas que la plupart de ma calvaire était sur le plat qui était aussi plat sur le chemin de retour. Puis, au contraire, la fin était bien raide. Et comme moi aussi, je n'arrivait pas vraiment trop skier. Le Cosmonaute a eu donc l'occasion de me répéter que je suis un Cacamolle, que je n'utilise rien de ses bons conseils qu'il m'a donné pendant notre jour de skis dans La Parva et qu'il y a deux ans, je suis descendue un couloir en Vercors bien pareil. Et j'ai fait qu'une scène hystérique avant, mais après, je suis descendue sans tomber. Mais oui, je me le rappelle bien, quand j'étais morte de peur, il m'a dit qu'il fallait pas que je tombe, car dans ce cas, je ne m'arrêterait pas et je riquerait de me faire bien mal. Alors il vous reste que ne pas tomber.

Heureusement, le soir je commençait à tousser et bon petit besoin de se moucher est devenue une rhume, donc j'étais au bout de souffle rien qu'en montant l'escalier. Et puis, le soir, j'ai encore perdu en Colons de Catane.

Mardi matin est survenu avec un ciel lourd des flocons de neige. Mais on savait que probablement, il ne neigera que le lendemain et que du coup, on peut faire un rando. Le Cosmonaute a prévu un ascension pour des Cacamolles, des maigres 1100 mètres de dénivelé. Le seul problème, c'était que le chemin qu'il fallait emprunter en voiture pour raccourcir l'approche, c'était le chemin vers Baños Colina. Et ce chemin a été fermé à la façon chilienne, c'est à dire, il y a avait un gros rempart de terre à l'entrée qu'aucune voiture, ni Pathfinder, pourraient franchir. Il faudrait donc mettre les skis sur le dos et marcher jusqu'à la neige. Le temps de la marche était estimé à "15 minutes, si on marche correctement". Mais le gardien du refuge nous a conseillé d'aller plutôt vers le chemin à Baños Morales où on peut arriver jusqu'à la neige. Oui, le rando sera plus longue, mais bon... Et on s'y est donc rendus. Les pentes étaient sans un flocon, mais sur le chemin, il y avait une couche de la veille neige qui a du fondre au moins cent fois pour régler le soir. Mais c'était de la neige. On est descendus de la voiture. En anticipant des chauds moments, j'ai enlevé mon pull, et je me gelais dans les coups du vent glacial. Et là, le miracle s'est produit. Le Cosmonaute m'a dit qu'il avait la flemme, que le neige est horrible et si on laisserait tomber alors.

Et on a laissé tomber. On s'est un peu baladé dans des autres vallées en voiture et on est rentrés à Santiago. Mais pas comme ça. Le Cosmonaute m'a proposé de conduire. Pour que je l'apprenne. Car moi, je suis une catastrophe! Cacamolle des routes! J'ai mon permis depuis quinze ans, mais plus souvent que "de conduire" qui m'a servi "d'identité" quand j'ai oublié mes documents.

Et je me suis donc mis à conduire. D'abord sur un chemin en terre battue, après sur la route et finalement à Santiago. Enfin, la plupart de temps, les quatre roues de la voiture étaient sur la route ou sur le chemin. Parfois, ils étaient dans le faussé, car je n'ai pas trop d'idée où se trouve la voiture par rapport à la route et des que j'ai l'impression que genre le camion en contre sens ne pourra jamais passer sans que je libère aussi ma voie, je me jette dans le faussé. Mais heureusement, on a un Pathfinder et il aime bien. En plus, j'ai du conduire et tousser, me moucher et éternuer en même temps et ça, c'est vraiment dur!

Mais je me suis dit, je ne suis pas un Cacamolle, j'arriverai jusqu'à la porte de notre bâtiment! Mais j'ai oublié que j'ai passé l'auto-école à Rokycany, une ville de 17000 habitants, et que la plupart de mon expérience post-permis c'est déroulé là bas. Et puis que Santiago, il a deux fois plus des nuls dans le nombre des habitants. Sur la route, je me suis toujours trouvé un conducteur aussi lent que moi, genre un gros camion chargé à mort, et je roulais derrière, ayant ainsi une bonne excuse pourquoi je roule aussi doucement. Aussi, ce n'est qu'en tant que conducteur que j'ai vu qu'au Chili, il y a partout des panneaux: "Doucement" ou "La vitesse maximale: 30 km/h". Parfois, la limite, c'est 50 et parfois même les 60 de fou, ce qui m'a forcé d'accélérer, car rouler dans une zone limité bien au dessous de ce limite, c'est plus que mon estime de soi peut supporter. Je me disais que c'était bien dommage qu'il n'y avait de policiers nulle part, car j'imaginais comment je serrait la plus malin de tous quand on m'arrêterait pas, en différence des autres conducteurs. Mais le Cosmonaute, il m'a dit que je devrait être contente, car on m'arrêterait pour le trouble à l'ordre publique.

En plus, on rentrait dans l'heure de pointe. Quand on était presque à Americo Vespucio, le Cosmonaute m'a dit de se mettre dans la voie à droite, ce que j'ai fait, mais il s'est trouvé que c'était la voie du bus qui terminait par un arrêt. Le Cosmonaute m'a dit donc de s'incruster dans la voie à droite, mais il y avait plein de voitures. Ce que j'ai vu dans le rétroviseur, ce qui est déjà pas mal. Par contre, je ne savais pas comment m'y incruster. A Rokycany, on ne s'incrustait pas, on roulait en boucle autour de la gare et on attendait quand le train de la fille du prof arriverait pour l'amener à la maison. Mais quand même, j'ai essayé deux fois à m'incruster, mais le Cosmonaute m'a dit que pour s'incruster, déjà, il faut pas regarder dans le rétroviseur, mais dans le fenêtre, il ne faut surtout pas ralentir, mais au contraire accélérer et se faux-filer dans la première petite trou entre les voitures. Mais on était déjà arrêtés sur l'arrêt de bus et j'ai donc du laisser la place au volant au Marseillais.

Je suis sûre que même Stolcova, elle sait s'incruster aujourd'hui. Donc je vais m'y mettre. Puis je pourrai conduire dans la salle de sport où je vais m'entraîner. Je ne serrai pas Cacamolle!

vendredi 24 juillet 2009

Frío

Il fait froid à Santiago. Même s'il ne neige pas ici, au centre, et la température descend à zéro que le soir ou la nuit, les journaux n'arrêtent pas à nous bombarder par des information comment il a fait froid par ici et par là. A part de la nouvelle qu'il y avait quatre femmes mortes pendant l'accouchement par une césarienne dans un hôpital publique (ce qui m'a fait comprendre pourquoi même nos amis qui veulent absolument tout faire comme un chilien moyen, vont uniquement dans les cliniques privés. Le soin publique est lamentable au Chili), on a l'impression que le Chili est devenu un pays des enfants qui se jettent des boules de neige. "Il fait froid! Et la nuit!? Quel horreur!", notre prof de pilates nous a salué aujourd'hui. Oui, c'est vrai, je n'ai jamais vu avant dans ma vie des gens dans une salle de sport dans des manteaux. Dans l'assoc où je bosse, les collègues m'ont accueilli et se serrant autour d'un chauffage à gaz maigre, ils m'ont interrogés s'il y avait des canicules en Europe. Perso, même après cinq hivers douces passés en France, j'ai encore un peu de l'enfant tchèque qui lance les boules de neige printanière bien sûr sans les gants. Donc je dois avouer, j'ai pensé que l'hiver chilienne serait bien pire. Mais, en même temps, j'ai appris qu'une bouillotte, cette chose mystérieuse dont, enfant lisant Arthur Ransome, je rêvais dans ma petite chambre dans un panelak communiste (un bâtiment construit des bloques de béton préfabriqués) chauffé à 24 dégrées, car c'était une bouillotte dont la tante donnait aux Hirondelles et Amazones une fois ceux-ci rentrés de leurs aventures, que cette bouillotte, ce n'est qu'un morceau de caoutchouc puant sans lequel il est impossible de se glisser sous la couette glaciale.

Ce weekend, La Tercera a écrit, le meilleur ami du lecteur sera un manteau et un chauffage. Moi, je suis aussi un lecteur de La Tercera, et je pense qu'ils ont tout à fait raison, d'autant plus que le Cosmonaute est, comme d'habitude, au Télescope au nord du Chili. Au milieu de désert d'Atacama sur sa petite colline qui, elle aussi, est couverte par la neige. Et moi donc, je suis à la maison à côté de notre chauffage dont, heureusement, on a déjà. Mais c'est un ami un peu lunatique.

Finalement, on a acheté un grand chauffage qui marche avec des bouteilles de gaz. Il a juste le problème qu'il faut commander ces bouteilles, mais c'est plutôt rigolo. J'ai appris qu'il n'est pas nécessaire d'être vigilant et écouter le bruit caractéristique du camion qui passe sous vos fenêtres pour courir acheter sa bouteille comme je vous ai raconté là. Il suffit de commander la bouteille sur l'internet et si le réseau ne tombe pas, à la fin, une inscription "Pronto recibirás el gas de los chilenos! (Bientôt tu recevras le gaz des Chiliens!)" brillera sur votre écran. Vous n'avez que à attendre votre bouteille et puis, une fois la bouteille connecté, ça n'a que le petit problème qu'il y a trop de gaz là dedans. Qui dit trop de gaz dit une flamme trop grande ce qui alertera le système de sécurité qui éteindra votre chauffage. Il vous faut un peu de patience à rallumer le chauffage quelques fois par jour et puis vous entrez dans la période idéale, quand le chauffage chauffe et ne s'éteint pas. Au bout de quatre jours, vous rentrez dans la phase terminale, c'est à dire le chauffage ne s'éteins pas du tout, car il n'y a plus trop de gaz dans la bouteille, et la flamme devient donc petite et ne chauffe pas trop. Mais bon, vous pouvez toujours vous réchauffer en regardant les flammes, car votre chauffage, c'est bien un feu ouvert. Ne me demandez pas, comment se chauffent les gens qui ont des enfants.

Notre chauffage réside dans notre salon et si on veut y maintenir la température correcte, il faut fermer toutes les portes qui mènent dans les chambres. Il nous faudrait des chauffages pareils pour les chambres, hors, c'est interdit et en plus, les chambres sont si petites, qu'une fois le chauffage installé, vous n'y rentrez plus pour pouvoir en profiter, donc ça ne sert vraiment à rien. Mais la température dans le salon est entre 18 et 20 dégrées et elle mérite donc bien les cris étonnés des Chiliens: "Haaa, tropical!!!!" Les Chiliens chauffent peu ou pas du tout. Ce n'est pas qu'ils sont habitués au froid. A un Européen, le prix de 11 000 pesos, c'est à dire 15 euro par bouteille, ne semble peut être trop élevé, mais pour les Chiliens qui, s'ils gagnent autour de 550 euro par mois, sont considérés comme bien payés, c'est très cher. Et je ne vous parle pas de ceux qui sont au SMIC qui est environ 230 euro par mois. Les gens restent chez eux donc dans leurs manteaux et ils chauffent comme ils peuvent.

Je ne suis donc pas à plaindre. En fait, depuis le retour, je me sens vraiment heureuse.

Qu'on est de retour.

Étonnée, je regarde notre appartement qui est presque fini et je le trouve très confortable. Il nous manque qu'un armoire, dont on n'a pas, car au Chili, il n'y a pas d'armoire. Mais même ce règle là semble changer une fois que le froid tombe. La semaine dernière, en cherchant des truc au centre commercial, j'ai découvert pas un, mais deux armoires! Les deux très moches, mais c'est un début, quand même!

Après vingt ans d'avoir louché le monde avec mes yeux de la taupe, j'ai essayé les lentilles et là, je regarde, je vois, je mate et je ne peux pas trouver des mots pour exprimer comment c'est génial.

Depuis notre retour, je trouve les Chiliens beaucoup plus chaleureux qu'avant notre départ. C'est sans doute car je n'ai plus mon préconcepte comment devraient être les "latinos". C'est bien vrai que dire "Sud-américain" est à peu près aussi descriptif que "Européen". Sans vouloir que les Chiliens soient des gens qui s'embrassent, se parlent, dansent la salsa et fassent la fête sans arrêt, je les trouve plutôt sympas. Même si nos voisins ne changent pas et hier, le gardien m'a appellé pour me dire que ma voisine se plaint que je secoue la nappe de la fenêtre et nos miettes tombent dans sa jardinière devant les fenêtres.

Dans l'association où je fais mon bénévolat, j'ai décidé de former un group de soutien pour des professionnels qui s'occupent des gens avec Alzheimer, je cherche d'autre travail et j'ai deux étudiants intéressés par des cours de tchèque. Il est vrai que, par contre, je pourrais écrire un longue article sur le sujet comment faire valider mon diplôme de psy. Bref, avant de l'amener devant de comité, il faut que, à Prague, j'aille voir la fac pour qu'il me donnent un tampon attestant que le diplôme n'est pas un plagiat. Pour tout vous dire, les diplômes de l'Université Charles sont imprimés sur un papier très spécial fait à la main et ils sont en latin. Difficile de faire un plagiat, mais bon. Une fois que vous avez ce tampon, vous allez voir le ministère de la Santé, car en tant que psy, je suis attaché à ce ministère là. Le ministère se charge de vérifier que le tampon de la fac n'est pas un plagiat ce qu'il attestera par...un tampon. Puis vous vous rendez au ministère d'affaires étrangères. Et là, ils vérifient que le tampon du ministère de la santé est un vrai tampon. Ce qu'ils confirment, oui, vous le présentez bien, par un tampon. Et puis, il ne vous faut que se rendre à l'ambassade du Chili à Prague qui vérifiera que le tampon du ministère des affaires étrangères n'est pas un faux tampon et heureka, vous donnera...un tampon! Et quatre tampons de l'autre bout du monde plus tard, votre diplôme est ainsi prêt à mériter l'attention d'une université au Chili et des comités qui vont décider, s'ils vous le reconnaissent ou pas.

Et puis mardi, je vais au tribunal pour un procès. Celui du Cosmonaute (toujours au Télescope) qui est chargé d'avoir pris l'autoroute sans la petite boîte de télé péage. C'est vrai que j'ai déjà payé le PV en avril, mais il ne fallait pas trop compter sur le fait que ceci était enregistré. Le Cosmonaute est donc accusé de ne pas payer l'autoroute et ne pas réagir quand on l'a demandé de le faire plus payer la majoration. Mais apparemment, c'est une procédure rapide, enfin, une fois que c'est votre tour, ce qui, par contre, peut prendre des heures. Ne vous étonnez pas, il y a plein de gens qui ont fraudé comme vous qui attendent avant.

Mais je ne suis pas abattue. Je pense que le voyage en Europe était finalement une bonne chose, même si au début, je croyais qu'il ne ferra que tout ralentir. Au contraire, il m'a donné beaucoup d'énergie, car là, je sais que ma vie, elle est vraiment, mais vraiment ici.

lundi 20 juillet 2009

Le retour

Je suis beaucoup en retard sur mon blog français. Je viens de passer six semaines en Europe et j'arrivais à peine d'écrire en tchèque. Et comme le blog, c'est surtout le plaisir, je ne me suis pas forcée de faire les traductions, j'ai profité de mes amis et de ma famille. Mais nous voilà de retour à Santiago après quatre semaines passées en France et les deux dernières en Tchèquie. En Tchèquie, mon frère s'est marié ainsi que une très bonne copine à moi. Sinon, il y avait la mère du Cosmonaute avec son copain qui sont venus nous voir et aussi voir Prague et on a donc pu éliminer les kilos gagnés en France en courant dans les rues de Prague. Bien sur, vu les quantités de bière qu'on a englouti, le résultat étaient encore des kilos de plus, mais en plus, on a pu voir plein de bar et moi, j'ai du avoir un peu honte de temps en temps. Eh oui, même vingt ans après la révolution, les serveurs et les vendeurs sont très désagréables et en général, les gens n'ont pas beaucoup de savoir vivre. Et moi, qui a pensé que ce n'est qu'au Chili où les serveurs ne savent pas que l'apéritif se boit avant le plat et que les plats devraient en préférence venir en même temps et, dans le cas idéal, une fois qu'on a de quoi boire avec. En Tchèquie, j'ai fait de mon mieux de ne pas trop fâcher les serveurs avec des commandes compliqués, mais pourtant, je me suis fait engueuler quelques fois. Puis le top, c'était quand même le bar U Hrncire à Kutna Hora où on a reçu un steak tartare qui, apparemment, consistait dans les restes de la viande cuite et hachée. Je sais que chez nous, si vous ne touchez pas au plat, vous avez le droit de le rendre, ce que j'ai fait, pour la première fois dans ma vie, mais le serveur m'a crié dessous que la viande a cette couleur là, car elle est melangé avec du ketchup. Ah la la, mi Chile lindo, pays où vous ne recevez pas toujours ce que vous voulez, mais où on ne vous engueule pas.

De la Tchèquie, nous nous sommes rendus à Marseille. On y a passé le 14 juillet. Comme on était tous les deux assez épuisés par les six semaines de voyage, on a décidé de passer la soirée dans la petite maison de Myriam, la mère du Cosmonaute. Le but c'était rester tranquille, faire calmement nos valises, boire un coup de champagne et partir le 15 le matin à l'aéroport de Lyon tous frais, beaux, reposés, comme des voyageurs des pubs. L'avion devrait décoller à 17 heures et nous sommes partis à 11:30, histoire d'avoir assez de temps de rendre la voiture de location et manger. Mais petit à petit, on a du abandonner l'idée d'un repas tranquille, car l'autoroute du soleil était pleine de voitures anglaises, allemandes, hollandaises conduites par des conducteurs du couleur d'écrevisses. Après une heure de route, on a appris qu'il y a un accident derrière Valence et qu'on devra attendre au moins quarante minutes dans le bouchon. On s'est dit que du coup, on risque d'être à l'aéroport à 15 heures et que ça le fera. Puis, une demie heure plus tard, ils ont annoncé dans le radio RadioTraffic (eh oui, on était quand même un peu stressés vu qu'on a mis ce radio qui est absolument inécoutable) qu'il y a un caravane accidenté vers Montélimar. Les Hollandais maudits! Et c'était la panique. Bien avant Valence on était plantés dans un bouchon. On a décidé donc de sortir de l'autoroute, mais on n'avait aucune carte, on avait qu'une GPS. D'ailleurs, je déteste quand on dit que les femmes savent pas s'orienter dans une carte. Moi, je sais faire. Par contre, je suis totalement nulle avec GPS et chercher, comment aller à Lyon sans prendre l'autoroute ni des nationales prises par des gens qui veulent contourner les bouchons, je ne sais pas faire du tout. Le Cosmonaute s'est donc mis à râler qu'il doit conduire et que moi, je suis une incapable avec le GPS et qu'en plus, on n'a pas la carte et moi, j'ai pensé que c'est bien lui le Français du couple et qu'il pourrait connaître mieux son pays. Mais il n'y avait rien à faire. On était sur la nationale, il faisait 35 dégrées, on a eu un champs d'un côté, un autre de l'autre, un camion et 150km devant et derrière des voitures, des voitures et des voitures. Il était qu'une heure, mais on savait que si on avance comme ça, les 3 heures et demie qui nous restaient avant la clôture du guichet ne sont pas suffisantes. Même le GPS disait que sur la nationale, sans des embouteillages, on mettra 3 heures pour arriver. On a commencé à penser à aller directement à Paris. Mais on savait que si l'autoroute est bloquée devant Valence, elle le sera aussi plus loin. Vers deux heures on est doucement arrivés à la périphérique de Valence. Et là, mon Cosmonaute a eu une idée: d'aller à Grenoble. Notre ville salvateur! Notre mère alpine! Et juste grâce aux ingénieurs qui ont eu la bonne idée de construire l'aéroport de St. Exupéry à l'est, on était à l'aéroport une heure entière avant le décollage. Ouf!

Une fois à Paris, on a tout fait pour rassembler aux voyageurs tranquilles, on s'est donc promené dans les Duty Free et on a joué des jeux sur Playstation. L'avion était prévu pour onze heures et demie et on nous faisait croire qu'il décollera à l'heure. Mais une demie heure avant l'embarquement, ils ont annoncé que l'appareil a un petit problème et qu'ils doivent refaire quelques examens. Avec une heure de retard on a finalement embarqué, mais juste pour avoir une jolie vue sur les tests en cours. On nous a dit qu'ils étaient obligé de remplacer un truc en avion et de la fenêtre, on a vu comment les pilots essaient bouger tous les parties des ailes. Je me suis dit qu'on aurait peut être dû rester dans cette embouteillage, que c'était peut être un signe. Je me disait que ça ne me gênerait pas du tout de descendre pour qu'il puissent faire un petit vol d'essai sans des passagers. Mais ils étaient apparement sur d'eux et encore une heure plus tard, on a donc pu décoller.

Et vous voilà à Santiago. Finalement, les techniciens de Roissy ne se sont pas trompés. Une fois sur terre, notre seul souci, c'était si on peut amener chez nous mes deux boîtes de henné et le fromage de raclette. Car les Chiliens, c'est des obsédés de la peur de contamination. Il est donc interdit d'importer les grains, des épices, des fruits, des légumes, de la viande, du fromage, des aliments, du bois et tout ce qui est d'origine végétale ou animal. Bref, presque tout. Ils vous le disent clairement sur le petit formulaire que vous êtes obligés de remplir dans l'avion. Nous, on sait qu'il y a des scanners à l'aéroport et on se rappelle encore bien de San Pedro de Atacama et ses douaniers, gants sur les mains, en train de sortir les chaussettes sales et des T-shirts pleins de transpiration de tout les sac de tout le monde de tout les buses pour trouver finalement au fond d'un sac deux pommes argentines qui, si jamais la petite Blanche Neige chilienne croquerait dedans, causeraient sa morte subite. Du coup, ils ont bien raison, le méchant passeur mérite bien une amande de 150 dollars! Pour prouver nos sympathies pour les contes de fée, on a donc mis que oui, on amène des produits interdits et qu'on montrera notre fromage et notre henné pour avoir l'avis des douaniers si celles-ci sont-ils dangereux. Mon cher lecteur, si tu as envie d'amener ton bout de saucisson au Chili, procède ainsi: Tu mets bien dans ton formulaire que oui, tu as un truc interdit dans ton sac. Quand la gentille mademoiselle qui veille à côté du porte-bagage tu repose la question, tu dis oui, j'ai un truc interdit. Elle te demandera si tu l'as bien mis dans ton formulaire. Tu dis oui. Elle dira, souriante, que c'est bien et elle t'invitera à procéder vers le scanner comme tout le monde. Il y a une embouteillage énorme au scanner, car un avion entier vient d'arriver. Les gens n'arrivent pas à récupérer leurs bagages sorties du scanner assez rapidement et les valises se stockent pour tomber du porte-bagage en tout les sens. Les douaniers crient qu'il faut leur donner le formulaire déclarant les objets interdits, mais ils n'ont pas de temps d'y jeter un coup d'œil. Les gens qui sont censés de regarder le scanner se protégent contre les bagages qui les risquent envahir. Pas de temps de regarder l'écran. Tu es dehors et ton seul regret, c'est que tu as laissé ton petit camembert en France. Et si jamais on découvrait le contenu illicite, tu es bien. Tu l'as déclaré. Ils ne peuvent pas te coller une amande, au pire, ils te confisqueront ce que tu amènes.

Pendant notre séjour en Europe, Santiago est devenu bien plus vert. A part sa verdure, notre ville nous a accueilli par une journée magnifique avec du soleil et 20 dégrées. Derrières nos fenêtres, tout les arbres ont perdus leurs feuilles et grâce à ça, on a une vue formidable sur les sommets blancs de la cordillère. Mes géraniums se sont mis à fleurir et mes piments ont un couleur rouge ardent. Pour casser un peu cette image idéal, il y a juste la grippe porcine. Les Chiliens ne disent plus "gripe porcina", mais juste "la porcina", "la porcine". Et de la phrase de la voisine de Mathilde "ne vous approchez pas trop, j'ai deux petits porcelets à la maison", vous comprenez bien que cette grippe, ce n'est pas vraiment une catastrophe. Si vous pensez que vous l'avez, il ne faut surtout pas aller chez le médecin. Car si jamais vous ne l'avez pas, vous risquez d'en choper dans la salle d'attente. Personne ne compte plus des cas. Car tout le monde sait que comme les deux petits porcelets de la voisine, ses deux enfants, on en guéri...comme d'une grippe.

Ce weekend, on est allées skier à La Parva et on est monté sur le Manquehue, une petite colline à Santiago qui as quelques mètres de plus que Snezka, le sommet le plus haut de la Tchèquie. Après avoir passé six semaines en Europe, on était un peu au bout de souffle, mais ils faut s'entraîner, les skis de rando nous attendent...

vendredi 29 mai 2009

Les limites de Pathfinder

Jeudi, le Cosmonaute est revenu du Télescope, et il a eu donc le droit de se reposer pendant six jours. On a décidé d'en profiter pour faire un petit voyage. Le problème, c'est que l'hiver s'approche et il n'est donc plus possible de monter trop à l'altitude. On a une année sèche et il n'y a pas trop de la neige là haut, mais tous les jours, des fortes chutes de neige peuvent arriver. Faire une ascension est donc assez dangereux. D'ailleurs, le 18 mai, le Chili commémorait troisième anniversaire de la mort de 45 soldats de service militaire de base qui ont gelés pendant un entraînement à Volcano Antuco. Leurs chefs n'ont pas pensé que le temps pourrait vraiment se dégrader et ils les ont fait monter à plus que 2500m sans un équipement contre le froid. L'hiver est différente au Chili que dans les Alpes, le temps change vite et le météo n'est pas aussi précise. Puis surtout, vous n'avez pas une route dans quasiment toutes les vallées, le réseau de portable et le secours de montagne.

On a donc décidé d'aller explorer la vallée Cruz de Piedra qui mène en Argentine. Le chemin passe par un col de 4000mètres et à côté de Volcane Maipo. Ce sommet, on aimerait aussi bien le faire un jour et repérer d'abord l'accès n'est pas une mauvaise idée. Le seul problème, c'est qu'il y a un gazoduc qui passe par le vallée et vous ne pouvez pas vous y rendre sans une autorisation spéciale. Mais avec le Cosmonaute, on forme un équipe fort. Il, pendant les nuits interminables au Téléscope, lit tous les forums alpinistes pour trouver des informations et puis moi, je les utilise dans la réalité pour vaincre les obstacles administratives. Au bout de deux jours de la recherche de la personne responsable, j'ai finalement eu l'adresse de Karen, la personne de Gasco. Et elle m'a donné l'autorisation. Miracle. Par contre, elle m'a dit qu'en cette période de l'année, la route est déjà bloquée par des coulés de boue et qu'on ne passera pas jusqu'à l'Argentine. L'information nous a été confirmé par un policier à San Gabriel où on cherchait à se faire tamponner le passeport pour pouvoir quitter le Chili légalement. Il a dit que même si on arriverait à passer, ça serait illégale, car il est permis de passer par le col que entre novembre et mars. On s'est dit qu'on va juste aller voir le Volcane et la Lagune del Diamante.

La porte de Gasco s'est ouvert avec notre lettre magique. La dame à cette porte nous a dit que à part un Argentin, on était seuls dans la vallée. Seuls! Seuls dans une vallée de soixante kilomètres, une vallée qui culmine par le col à 4000mètres , la vallée entourée par des sommets blanches. On avançait et on voyait de plus en plus clairement que dès que le temps commencerait à se dégrader, il faudrait quitter ce vallée. Le chemin, c'était comme d'habitude juste la terre battue interrompue par des ruisseaux qui, sans doutes, deviennent des rivières et des fleuves dès qu'il pleut, et ils amènent la route avec eux. C'est sans doutes pour ça que les Chiliens ne s'embêtent pas à goudronner les routes dans la montagne. La route partie est tout simplement contournée par un endroit plus au moins convenable et la circulation est rétablie.

Après deux heures de la route, nous avons passé autour d'une petite centrale électrique qui sert pour le gazoduc et où on a vu travailler l'argentin dont la dame à l'entrée nous a parlé. Un petit bout de chemin plus loin, vers le pont, on a deviné les thermes. Mais on a voulu aller jusqu'au Volcane, et on ne s'est donc pas arrêtés. Mais un petit peu plus loin, on s'est fait arrêter.

Une coulée de boue sur le chemin. Les coulées sont assez fréquents dans les Andes. La terre sèche et sans la végétation coule avec les pluies dans la vallée et elle bloque les routes. Au bout d'un temps, la boue durcit. Et c'était exactement cette boue durcie qui était dans notre chemin. Deux hautes talus avec un ruisseau au milieux ont regardé Pathfinder avec la supériorité. On a donc décidé de faire une demie tour et aller voir les thermes. Sauf qu'on les a pas trouvé. Un échec totale, quoi.

On a fait notre camp près de la centrale électrique, la coulée et les thermes introuvables.

Le matin, on a eu un peu plus de courage et on a décidé de commencer la journée par une visite chez l'argentin. Le monsieur, une copie d'Alberto Granado des Carnets de voyage, nous a appelé "che" presque dans toutes les phrases. Il nous a dit que eux, ils vont revenir en Argentine par le Chili et du coup, on voyait que la route bloquée n'est pas vraiment leur problème. Par contre, il nous a indiqué l'endroit où se cachaient les thermes. Comme je disais, les cartes géographiques, c'est un problème au Chili, et avec notre carte, il était très difficile de trouver ces thermes. Mais par contre, selon les indications d'argentin, on les a vu toute de suite.

Les bains ont été magnifiques, car vu que la vallée est inaccessible au public, l'eau qui est rémué que très peu souvent est pleine d'algues. Puis on y était seuls. Formidable.


Après le bain, on s'est sentis de plus en plus forts et on s'est dit qu'on pouvait aller revoir la coulée de boue. On l'a regardé, on a réfléchi et finalement on y est allés. Et après quelques minutes, on était de l'autre côté. Comme ça.

Du coup, on a pu explorer le reste de la vallée. On savait que personne n'y a passé d'ici quelques mois, depuis que les policiers ont quitté la cabane à la frontière. Il y avait d'autres coulées de boue à traverser, mais aucune aussi impressionnante. Sur le chemin, on a vu un troupeau des lamas guanacos, un de deux espèces des lamas sauvages. Vous pouvez regarder les photos sur flicker. On est montés et finalement, on a vu le Volcane de Maipo dans les nuages. Mais la route commençait à être couvert par la neige et on a vu qu'il serait impossible de passer le col. On s'est donc contenté de marcher un peu sur les pentes où les couleurs vives montraient une activité volcanique. On a trouvé des sources colorés, mais pas assez chaudes pour se baigner. Le soir, on a donc décidé de revenir aux thermes. Il fallait donc recroiser la coulée de boue. Pathfinder a encore assuré, mais je dois dire que dans le moment où j'ai vu son pot d'échappement plonger dans la terre, je me suis dit qu'il vient de devenir incomplet. Mais non, le pot d'échappement a réapparu, il a craché avec du colère un peu de la terre et Pathfinder a pu continuer. Le Cosmonaute a insisté pour que je le prenne en photo pendant cette traversée, mais en tant que photographe, j'ai complètement échouée dans le moment où un des roues de Pathfinder apparu un mètre au dessous du coulée. Je vois que les limites de Pathfinder sont bien plus loin que les limites de ma peur.

Une fois bien installés dans l'eau chaude, on a revu Alberto Granado de s'approcher avec un bidon du vin qu'il a partagé avec nous dans un geste amical. Les Sud-américains détestent en général les Argentins, ils disent que c'est des gens fiers. Mais selon notre expérience, c'est surtout des Chiliens qui sont des petits lutins avec un petite bide qui ne sourient jamais et qui se nourrissent des produits qui sont sans doutes fabriqués pendant la recyclation des bouteilles plastiques, alors que les Argentins, c'est des beaux gosses amicaux qui ont du savoir vivre.

Après le bain, on est allé au même endroit comme le jour précédent pour camper. Et le matin, on commençait à se rendre compte que le temps qui devenait plus en plus mauvais et finalement devenu vraiment mauvais. Sur les sommets autour a neigé ce qui tombait sur nos têtes dans la version "pluie". Sans un petit déjeuner, on a tout mis dans la voiture et on est partis dans la civilisation. On a voulu aller prendre de l'essence et puis continuer à Baños de Colina, des thermes. Sur le chemin, nous avons vu un vol des condors, qui volait en cercles, sans doutes, au dessus d'une vache morte.

Prendre l'essence à San José se relevait compliqué, car, comme il pleuvait, la station était sans le courant. Normal, quand il pleut. L'employé de la station nous a dit qu'il remettait le courant dans une demie heure. Mais on n'est pas au Chili depuis aussi peu pour qu'on ne sache pas qu'une demie heure, ça peut être demain. On a alors discuté pour prendre une décision, mais comme par miracle, le courant était remis et on a pu donc prendre l'essence.

En se rendant à Baños de Colina, on a vu que le chemin par lequel on a passé, il y a un mois, pour aller à Cerro Moai, a bien changé. Quelques coulées de boue dégagés montraient que les Andes se défendent bien contre l'effort de l'homme de passer avec les voitures.

Puis on a vu des pierres fraîchement tombés sur la route. Voilà le video. Bon, ça, Pathfinder y arriverait pas!





Finalement, on est arrivés à Baños de Colina, les plus grandes thermes de Cajon de Maipo. La pluie s'est transformée dans la neige et on a compris qu'on sera les seuls visiteurs. Ainsi, on a dit bienvenue à l'hiver. De l'eau chaude. D'ailleurs, le truc blanc dans les cheveux du Cosmonaute, c'est de la neige.


On a eu encore une journée libre devant nous, mais on a décidé que l'hiver est vraiment là et qu'il serait plus agréable de la regarder des fenêtres de notre appartement. Mais on a hâte de sortir nos skis de rando et les tester à Cerro Parva. Une fois que Pathfinder est baptisé par la neige, il est impossible de laisser attendre nos skis!

P.S. Toutes les photos sont là.

mercredi 20 mai 2009

Allende et un livre que je viens de lire

Hier, j'ai passé la journée à la maison. J'étais obligée, car ils ont prévu de nous livrer le lit ce jour là. J'ai espéré qu'il vont arriver vers midi et je pourrai donc sortir faire ce que j'ai à faire d'autre, mais je me suis trompée complètement. Ce n'était que à cinq hueres d'après midi qu'ils m'ont appellé qu'ils ont endommagé notre lit en le chargeant dans le camion et qu'ils vont nous livrer, d'une manière provisoire, un autre modèle. Et c'est ce qui s'est passé. A sept heures et demi de du soir. J'ai donc passé la journée clouée au canapé.

En attendant, j'ai dévoré un bouquin, en tchèque, malheureusement, de Jarka Stuchlíková "Indiáni, politici, plukovníci" (Indiens, politiciens, colonels). Madame Stuchlikova vivait avec son mari, un anthropologue social, vers Temuco au sud de Santiago, dans les années 1969-1973. C'est des années très importants au Chili. Elle a vécu donc la période d'Allende et le putch militaire. Elle est arrivée au Chili après le août 1968, c'est à dire l'invasion des chars soviétiques à Prague et ils se sont sauvés de Chili après le putch, car ils étaient dans le danger de mort.

J'ai vraiment apprécié comment elle décrit sa vie entre les indiens Mapuche, mais le livre parle surtout de la politique. Stuchlikova dit qu'"Allende l'énervait vraiment" et elle parle de lui dans des mots très forts comme "bousilleur". Au moins la moitié du livre est consacré au choses qu'Allende a fait mal. Par coïncidence, la semaine dernière, j'ai vu un film sur Allende de Patricio Guzman. Ce film documentaire a paasé en France, il y a cinq ans. Si vous en souvenez, Guzman est très nostalgique de la période d'Allende, et il regrette beaucoup la blocade américaine, l'influence que Nixon a effectué sur le développement du Chili et ce qui a fini par le putch. Je suis en train de réflechir beaucoup de tout ça et je veux vous demander ce que vous, vous en pensez.

Les Tchèques de ma génération et les plus âgés voient rouge, en majorité, dès qu'on dit un communiste. Je me rappelle ma surprise quand j'ai trouvé que tous mes amis que j'ai rencontré pendant mon séjour Erasmus à Toulouse, c'est des gens de gauche ou même des communistes. Bizarrement, pour mon cerveau post-dictatorial, ces gens là, avec les mêmes valeurs comme moi, n'ont pas compris que la gauche, c'est LE mal? On était là pour en témoigner. Mais mes amis espagnols ont bien pu témoigner de Franco. A répetition, je me suis rendue compte que alors que mes amis de gauche sont des gens, en général, très ouvert, les jeunes de droite sont un peu la jeunesse d'or et pensent souvent que à la fête et à eux-mêmes. Pas que nous, on ne ferrait pas la fête, bien sur. Mais vous pouvez faire la fête dans les boîtes où ils vous laissent entrer que si vous êtes bien habillés et si votre gueule leur plaît, où vous pouvez sortir dans des clubs où celà ne compte pas. Enfin, ceci est évident pour un Français, mais moi, je ne savais pas qu'on pouvait ne pas vous laisser entrer à cause de votre tenue. Petit à petit, dans le conversations avec les gens, j'ai compris que même si je ne peut jamais être communiste, je peux être amie avec les communiste, car leur idéal utopique, c'est l'égalité. ça ne me pose pas un problème moral, alors que l'extrême droit si, car leur vision de monde se base sur hiérarchie génétique ou historique. Bref, j'ai compris que mes valeurs correspondent à ce qu'on appelle "la gauche". Quand j'ai eu mon poste à la fac en France, je n'étais donc plus surprise par le fait que mes colleagues sont de gauche, ce qui m'arriverait jamais en Tchèquie. Mes amis sont de gauche et le Cosmonaute aussi.

J'ai donc compris que ce pensé gauche-droit est complètement tordu en Tchèquie. On doit être le seul pays où les Verts se déclarent à droit. Je vote les Verts, moi, car ils ont bien des idées de gauche. Mais ils ne peuvent pas dire qu'ils sont de gauche s'ils veulent être élus. Et je vous assure, je voterais jamais la gauche tchèque, car je ne vois aucune différence entre eux et la droite.

Mais revenons à Allende, si détésté par Stuchlikova qui venait de quitter la Tchèquie communiste. Je ne suis quand même pas aussi sûre qu'il était le bousilleur, comme dit Stuchlikova. Au contraire, je pense qu'il était une chance pour le Chili. Il y avait un dévéloppement vers la gauche en tout cas. Allende était un homme avec des valeurs démocratique profondes et il a respecté la liberté de presse et les lois. Stuchlikova dit elle même qu'il manipulerait jamais les élection. Il avait une rôle très difficile avec la gauche émietée, avec l'extrême gauche qui voulait former des guerillas, avec la blocade. Vous pouvez imaginer qu'il y avait quelqu'un d'autre à sa place? Et qu'il ferrait tous les changements sans "calmer" la situation en interdisant diffisuion de la propagande de droit? Sans limiter la démocratie?

Stuchlíková dit que c'est Allende qui était responsable de putch, car il a quand même polarisé la société chilienne à la gauche et à la droite et qu'il a stimulé la haine entre les deux. J'y pense et je me dis que c'est une explication un peu léger pour comprendre les barbaries de la junta militaire. Ces barbaries là, elles font penser aux nazis. Je ne suis pas sûre que l'envie de dénnoncer l'autre, le colère des gens peut être causé juste par les politiques. Et même, c'était surtout la droite chilienne qui a utilisé des moyens comme des attentats ce qui a fait éclaté la colère. Mais trois ans de la nationalisation des entreprises et réorganisation de la société, est-ce suffisant pour expliquer les barbaries? Si on dit que non, ça venait donc d'où? Est-ce dans l'esprit humain? Est-ce dans le fait que peut être l'être humain a du d'abord voir les résultats de sa propre cruauté pour en prendre peur, comme ça s'est passé en Europe après la deuxième guerre mondiale quand la Charte des droits de l'homme a été créé? Car je ne pense pas que les politiciens pendant les campagnes électorales ne oposent les gens un contre l'autre, mais je ne crois pas qu'on pourrait vivre une violance pareil dans le monde occidental.

Je me demande comment je verrais les choses si j'ai vecu l'août 1968 comme elle. Mais en même temps, je vois peu de différence entre le Printemps de Prague avec sa vision du communisme tranformé "le communisme avec un visage humain" et le régime d'Allende. Si les chars ne sont-ils pas venus à Prague, ce communisme là, devenait-il à nouveau dictatorial, où se dissipait-il dans la démocratie où la droite gagnerait un jour, forcément? Que se passerait-il au Chili s'il n'y avait pas la blocade américaine? La droite, changerait-elle la gauche dans les éléctions ou il y aurait un putch? Comment la Tchèquie aurait-elle l'air maintenant? Et le Chili?

Il y a une chose où je suis à 100% d'accord avec Stuchlikova. Ce qui se passe après la dictature, c'est partout pareil. Le nouveau système est sur qu'il est forcément mieux que ce qu'il y avait pas avant et il est complètement vaniteux et les gens ne savent pas être critiques, arrêter de voir en termes de noir-blanc comme ils l'ont fait pendant la dictature. "L'égoïsme, l'avidité et l'utilitarisme se tranforment dans le succès et peu de gens montre la solidarité avec ceux qui ont moins réussi et qui ont donc moins de moyens"..."La discipline du travail assidu sous le dictat militaire a fait fléurir le pays que Allende ne reconnaîtrait pas. Mais le progrès économique, ce n'est pas tout, surtout s'il divise la société en riches et des mendiants et dans le sens des idées, en les matérialistes et les idéalistes."

Vous, vous en pensez quoi?